mi-saison 2018, le point sur Mequinenza !

Buenos dias aficionados,

Nous voici donc mi-Juillet et il est temps pour moi de vous faire parvenir mon sentiment juxtaposé au bilan de cette première partie de la saison 2018.

On dit bien souvent que les jours se suivent mais ne se ressemblent pas, c’est aussi valable pour les années apparemment..J’ai envie de vous dire : heureusement ! car c’est avant tout ça le charme de la pêche. Subir les variations que l’on ne pourra jamais maitriser car c’est la nature qui commande. Perso, il est là l’art de la pêche : le fait  de s’ adapter au mieux aux conditions pour tenter de pêcher le plus juste possible.

En effet, cette année, Zeus (dieu du temps) a voulu changer en nous pondant un début de saison exceptionnel mixant froid, vent et pluie intense. Un cocktail évidemment défavorable à un comportement normal des poissons. On peut même parler d’état de choc piscicole entre crues et variations brutales de température en périodes de reproduction .  Des pluies et crues incroyables qui ont même marquées les anciens du village qui n’avaient pas vu cela depuis plus de 50ans.. Je n’ose même pas imaginer ce qu’ont pu subir nos chers poissons qui sortent tout juste de cette phase interminable. Grand respect à eux et hommage aux quelques centaines de femelles carpes qui ont perdu la vie pendant leur cycle de repro (dysfonctionnement du cycle des ovocytes surement dû à un chute brutale de la température de l’eau alliée au stress engendré). Je vais aussi en profiter pour donner mon avis sur le lac du haut , la mer d’Aragon. Pour deux raisons, premièrement pour contrer les « mauvais perdants » qui se sont permis de casser le lac en disant qu’il y avait eu de la mortalité etc. tout cela parce qu’ ils ont pris tôle sur leur séjour.. Secondement, pour essayer d’éclaircir les passionnés ou simplement les intéressés qui s’interrogent intelligemment. Si ce lac est appelé « Mequifierno » (Mequi enfer) par les locaux, ce n’est pas pour rien..Ils savent que ces poissons peuvent se montrer totalement inexistants et ceux n’importe quand pour des raisons pas forcement explicables. Pour ce qui s’est passé depuis le début d’année, j’ai cependant quelques explications. En effet, la mer d’Aragon a était totalement improductive cette année il faut dire les choses comme elles le sont. Je m’y suis cassé les dents plus d’une fois et ça a pas mal tourner dans ma tête mais jamais je me suis imaginé un seul pourcent de mortalité!!! J’aurais sûrement dû insister davantage et trois sorties par mois ne suffisent pas. Comme tout le monde et c’est normal, je me suis concentré sur le lac du bas de Ribaroja qui  m’a permis d’assurer mes guidages aussi. La mer d’Aragon est probablement le plan d’eau le plus poissonneux d’Europe en diversité réunissant sandres, perches , bass et silures en quantité inestimable, pour ne parler que des carnassiers. Cependant, elle s’avère très capricieuse lorsqu’elle l’a décidé! En l’occurrence, c’est le cas cette année où cela fait plusieurs mois que ça dure nous faisant penser à un lac fishless..Peut être même une première depuis la création du barrage. En parallèle, cela me permet de revenir sur toutes les perturbations météorologiques qui constituent aussi une première pour le lac qui a subi une montée d’eau jamais vu auparavant ,du moins aussi forte en si peu de temps. L’ebro, le fleuve le plus puissant d’Espagne, est pour moi le principal fautif de cette « catastrophe halieutique » . Il a inondé le plan d’eau sur 8000 ha de matières en suspensions comme jamais . Rajoutez à cela , un débit et un niveau d’eau record sur un tel long terme . Il est évident que les répercutions sur les poissons sont inévitables et évidemment des plus néfastes. Ce qui m’étonne vraiment, c’est le temps de ré-adaptation et de re-métabolisme aussi long. Je reste persuadé que les poissons sont restés dans la même couche d’eau avant la montée brutale et se sont habitués à y rester même s’il y a moins de nourriture. Ils doivent sûrement s’y sentir plus en sécurité. C’est à dire une couche d’eau très profonde (20-25m actuellement avec un niveau max+) Je ne suis pas hydrobiologiste ni expert des milieux aquatiques mais suis sur l’eau presque tous les jours et peux comprendre un tel phénomène sans vraiment pouvoir vous l’expliquer clairement. Personne ne le sait vraiment d’ailleurs, sur la centaine de locaux que nous sommes.  Je pense que les poissons vont commencer tout doucement à se re-montrer et le fait de voir autant d’alevins de sandres et perches ne fait que réconforter mon avis. Il va cependant falloir du temps pour que tout redevienne stable avec une baisse des eaux régulières en croisant les doigts pour que tout se passe bien. Après on pourra enfin renaitre de nos sandres amis pêcheurs..

Même sur Riba roja, tout cela nous a rendu à tous la pêche plus complexe voir casse tête pour moi qui exerce en permanence pour mes clients ou en pêche perso. Il aura fallu un gros mental et pas mal de travail pour suivre les poissons ainsi que les déclencher. Tant bien que mal, j’ai réussi à faire prendre du poisson à l’ensemble de mes clients sur leurs séjours.  Il est clair que les résultats n’étaient pas du tout représentatifs des eaux de Mequinenza mais bien réalistes par rapport aux conditions .  Cependant, nous avons eu le plaisir accueillir de très gros poissons à bord et ça ça compte!!! 2018 marque d’or et déjà l’année des gros pour Profishing-concept.. Je vous ai sélectionné quelques uns d’entre eux :

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C’est avec une certaine fierté que je vous annonce qu’il est monté au bateau plus de 50 sandres passant la fameuse barre des 70cm jusqu’à 93.2cm !!! Fierté personnelle mais surtout fierté envers mes clients qui ont eu soif d’apprendre et/ou de s’améliorer en s’impliquant pleinement pour la quasi totalité d’entre eux. C’est pourquoi je leur tire mon chapeau et je sais qu’ils se reconnaitront tous car je pense leur avoir fait comprendre ma satisfaction! Il n’y a donc pas que du négatif non plus dans ce 2018.. qui n’en fini plus de surprendre. Que va nous réserver la suite?? Peut être va t’on passer la centaine de lunkers ? Connaitre des journées à plus de 100 poissons comme l’an dernier? Découvrir d’autres pêches? D’autres solutions ? D’autres « patterns » qui sauvent des journées sur off? Ce qui est certain et primordial , c’est que nous allons continuer à prendre autant de plaisir sur l’eau avec toujours autant de partage et d’émotions. Et comme le dis si bien un client qui m’a marqué que j’ai pu avoir cette année : « Les poi..ssons …sont dans l’eau. » Une phrase très travaillée (lol) mais qui en dit longgg.

Bonne traque à tous et n’oubliez pas « Les poi…. »

La bise à tous

Bien Halieutiquement, Romain